Il est déconnecté du corps, incapable de tendresse, de prendre soin, de ressentir du bien-être. Il utilse son corps comme machine à performer, au service du pouvoir, de la valorisation sociale et du contrôle sur autrui. Il rejette les sensations de vulnérabilité, de dépendance et de souffrance au profit du contrôle.
Ce déni s'accompagne de violences psychologiques, verbales, économiques, physiques ou sexuelles afin d'installer et de maintenir sa domination. Ce trouble de la personnalité perverse narcissique utilise aussi la manipulation malveillante pour exercer son contrôle et son domination sur l'enfant (mensonges, fausses informations, mise en doute, désinformation).
Le pervers narcissique transforme aussi le corps vivant de son enfant en corps machine. Dans l'asymétrie de la relation, il cherche à réguler sa vulnérabilité par son pouvoir. La victime cherche à survivre au pouvoir exercé sur elle. La domination permet une décharge momentanée des tensions niées, associées à une histoire traumatique infantile. L'enfant est instrumentalisé comme outil de pouvoir. Objet de violences et de manipulation, son corps souffre.
Son système nerveux entre en état de survie. Soit, il se mobilise en état de combat : hypervigilance, agitation, colère, ruminations, difficultés à dormir, manger, hyperactivité physique et mentale, respiration saccadée, corps chaud, ...etc. Soit, il s'immobilise sous l'effet d'un stress extrème. Ne sachant ni fuir ni combattre, il réagit par la dissociation traumatique : ne plus être présent, être déconnecté du corps, des sensations et des émotions, l'esprit dans le brouillard, détaché, replié, respiration à minima, corps froid, intellectualisation à l'excès, sensation de flottement, d'être perdu, ...etc. Cette atteinte à l'intégrité psychique et physique installe un stress post-traumatique complexe : perte d'estime de soi, dérégulation des émotions, trouble de l'attachement. Ce contrôle coercitif peut plonger l'enfant dans une dépression profonde : fatigue, culpabilité excessive, perte de confiance en soi et d'estime de soi, retrait social, idées suicidaires. Une partie dissociée de son moi a intégré le discours dévalorisant et culpabilisant de son agresseur. Par exemple, un juge intérieur sévère lui reproche d'être mauvais, parce qu'il est fatigué et sans élan vital. La colère niée peut se retourner contre la victime de sorte qu'une partie dissociée peut lui dire "tue toi !", car elle n'a plus la capacité psychologique de trouver une issue au contrôle.
ne consiste pas seulement à comprendre ce qu'il s'est passé. Elle implique aussi de pouvoir retrouver progressivement un sentiment de sécurité dans son corps, dans la relation d'attachement à l'autre et à soi. J'utilise le modèle de l'écologie des issues pour décrire la façon de réinstaller les conditions de la sécurité dans le corps, de sentir, de se différencier et de choisr à son propre rythme. L'attachement sécure est le terreau à partir duquel cette reconstruction est possible : une personne de confiance, bienveillante, empathique et sans jugement valorise les émotions, les besoins et les pensées propres. Petit à petit, la victime reconstruit un espace intérieur de sécurité où les émotions peuvent circuler, la colère permettant se différencier, de poser ses limites. Dans cet accompagnement la reconnexion aux ressources permet de retrouver un corps vivant, en mouvement. La présence à soi, la conscience de soi, de ses sensations, de ses émotions et de ses besoins donne accès à la liberté de vivre et de choisir sa vie. La psychothérapie axée sur le corps, comme l'emdr, les pratiques somatiques de régulation du système nerveux basées sur la théorie polyvagale peuvent aider à la reconstruction de soi.
Pour en savoir plus, vous pouvez lire "Faire face aux pervers narcissiques", éd. Ellipses.
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