Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Guérir d'un stress post-traumatique, d'une dépression, consécutifs à des violences morales ou physiques.

Guérir d'un stress post-traumatique, d'une dépression, consécutifs à des violences morales ou physiques.

Le 12 juin 2017
Guérir d'un stress post-traumatique, d'une dépression, consécutifs à des violences morales ou physiques.
Guérir d'un trauma lié à des violences est possible si l'on est bien accompagné. Les conséquences du trauma sont le stress post-traumatique et la dépression. Cet article donne des pistes pour guérir.

Christine Calonne, psychologue à Namur spécialisée dans l'aide aux victimes de violences psychiques et/ou physiques, vous invite à réfléchir à la guérison d'un stress post-traumatique et d'une dépression consécutifs à des violences psychiques et/ou physiques.

Le stress post-traumatique est un état de stress chronique, associé à un état dépressif, suite au vécu de violences psychologiques et/ou physiques. Il se traduit par des souvenirs répétitifs, des cauchemars, des flash-backs liés au trauma. La victime ressent une grande détresse face à des indices internes ou externes rappelant celui-ci, avec des signes physiologiques intenses (palpitations, sueurs, vertiges, ...). Elle a tendance à éviter ce qui lui rappelle ces violences, rappels externes ou internes (pensées, émotions, sensations, sentiments). Elle se vide d'elle-même, se dissocie d'elle, pour supporter ce vécu des violences passées. Elle souffre d'altérations de la mémoire, de la concentration, de croyances négatives sur elle ou sur le monde, de ressentis pénibles (honte, culpabilité, angoisses, sentiment d'horreur, colère). Elle perd l'intérêt pour ses activités ou réduit ses activités, ses relations. Elle peut se détacher au point de se dépersonnaliser. Elle ne peut plus vivre des sentiments de joie, de satisfaction, de plaisir, d'affection et se replie dans la dépression, un brouillard épais qui fait perdre le sens de la vie, l'estime de soi. La victime peut avoir des réactions d'irritabilité, de colère inappropriée, des comportements autodestructeurs, des réactions d'hypervigilance, des troubles du sommeil. Elle se dévitalise et peut ressentir des envies de suicide. 

Si la victime est accompagnée dans la rencontre progressive de son trauma par une personne aimante, bienveillante, valorisante, positive, elle peut guérir des violences psychiques et/ou physiques de son passé. Revaloriser cette personne est important pour l'aider à avoir la force de retraverser ses émotions niées, refoulées afin de les digérer progressivement. Si on est victime, on peut demander à l'entourage de le faire pour aller mieux. Cette rencontre avec la part de soi en souffrance permet de sortir d'un vide intérieur dépressif, d'un état de dissociation, d'un faux self qui ne permet plus de trouver le goût à la vie, le bonheur de vivre et d'être en relation. Derrière le vide, il y a la tristesse, la peur, la colère, mais aussi la capacité à retrouver la joie. Le sentiment de solitude, d'enfermement s'estompe et le lien avec les autres, avec soi, avec le monde peut se rétablir. Le trauma est logé dans le corps et la rencontre avec son corps est une condition indispensable pour guérir de la dépression, du stress post-traumatique. Découvrir les tensions, les douleurs du corps comme une opportunité de se transformer, de se rétablir et non comme quelque chose de négatif, peut aider à se lancer dans l'aventure de la guérison. La remémoration des violences passées doit se faire dans un état de conscience modifiée, une relaxation favorable à l'intégration du trauma. Cet état de relaxation profonde permet de donner le climat positif nécessaire pour supporter cette traversée des enfers et en ressortir indemne, transformé, guéri.

Replonger brutalement dans le trauma est dangereux, car la victime peut ressentir l'insupportable et accroître le risque de suicide. Un bon accompagnement est donc indispensable.

c